Qaanaaq de Mo Malo aux éditions Points

Aujourd’hui, je vous parle de ma 3e lecture pour le Prix du meilleur Polar 2019 des éditions Points : Qaanaaq de Mo Malo. Et pour changer, je vais commencer cet avis de lecture par la fin.

Pour être plus précise, Mo Malo écrit dans ses remerciements : « Un roman c’est toujours une alchimie subtile entre un univers, l’envie d’en rendre compte, et une ou plusieurs rencontres ». Et il a tout à fait raison.

Qaanaaq

Quand j’ai lu cette phrase à la fin de ma lecture, j’ai pensé : « c’est fou, il a décrypté mon ressenti ! »

Toujours plus narcissique, je sais !

« Un univers, l’envie d’en rendre compte »

Sur ce point, Qaanaaq est parfaitement réussi. Mo Malo vous envoie pour un aller simple dans l’atmosphère glacée groenlandaise. Les descriptions sont sublimes et s’imposent dans cette lecture d’ambiance.

Le dépaysement est absolu et l’immersion dans les croyances inuites captivante. D’ailleurs, je crois que c’est ma première lecture qui s’articule autour de ce thème. C’est donc une très agréable surprise de sortir un peu des sentiers battus.

« Une ou plusieurs rencontres »

Et là, c’est le grand écart entre les deux rencontres majeures de ce polar. Avec d’un côté, notre personnage central Qaanaaq qui est d’une froideur inhumaine et de l’autre, son « adjoint » Apputiku qui est la chaleur incarnée.

S’il y a une chose d’indispensable pour moi, c’est de ressentir quelque chose pour les personnages de mes lectures. Dégout, horreur, empathie, tendresse, n’importe quoi. Mais avec Qaanaaq, c’est impossible. Il ne laisse absolument rien filtrer.

Franchement, entre le mur de Game Of Thrones ou la personnalité de Qaanaaq, je ne sais pas lequel des deux est le plus infranchissable. On apprend des points essentiels de sa vie personnelle, mais lui, il est juste hermétique.

Alors qu’en face, nous avons Apputiku, un gentil flic inuit. La bonhomie et le dévouement total : lui a su gagner toute ma tendresse.

« Une alchimie subtile »

Entre moi et Qaanaaq, cette alchimie est plutôt fragile, voire instable.

Mon ressenti sur cette lecture est comme un mélange en éprouvette d’une solution potentiellement explosive. Peut-être que ça prend, imaqa (que) non.

À dire vrai, dans ce polar à deux vitesses, j’ai toujours eu l’impression d’être une simple spectatrice, coincée dans une bulle de glace. Si l’enquête sur les meutres des ouvriers de la plateforme pétrolière est très intéressante, je ne me suis pas sentie concernée par la quête personnelle de Qaanaaq.

Mais en même temps, j’ai apprécié l’atmosphère obscure distillée par l’auteur, à la limite du roman noir par certains aspects.

« Une ou plusieurs rencontres »

En définitive, je ne suis pas déçue, mais plutôt indécise. Et je pense qu’il me faudra une seconde rencontre avec Mo Malo pour que je puisse réellement savoir si l’alchimie est là ou pas.

Publié aux éditions de la Martinière, mon exemplaire est une édition Points

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