Les neuf cercles de R.J Ellory

Lire un Ellory, c’est choisir délibérément d’explorer le côté sombre de l’humanité. Pour celui qui a peur du noir, c’est prendre la décision d’éteindre toutes les lumières. Ou choisir de sauter en parachute quand on a peur du vide.

J’en suis à ma cinquième lecture de l’auteur et j’apprécie toujours autant l’écriture de Sir Ellory : obscure à souhait, franche et teintée d’ironie. Il a le don d’instaurer en quelques lignes une atmosphère étouffante, inconfortable qui vous enveloppe complètement. Ses mots vous saisissent pour vous entraîner et vous plonger la tête la première dans un tourbillon.


Les neuf cercles

Il y a vingt ans, lors d’une soirée d’été entre amis, Nancy disparaît. On envisage à l’époque une fugue. Aujourd’hui, une berge vaseuse recrache son corps. Il est intact. A l’exception de son cœur qui lui n’est plus là. Remplacé par un panier avec à l’intérieur la carcasse d’un serpent se mordant la queue.

Les neuf cercles est donc un cold case repris par l’actuel shérif, John Gaines, un gentil ours mélancolique. Vétéran de la guerre du Vietnam et célibataire endurci en charge de sa mère malade depuis plusieurs années.

Le shérif se donne pour mission de débusquer, à n’importe quel prix, le responsable du sort de Nancy. Il découvre rapidement, dans le sillage de la jeune femme, un groupe d’amis aujourd’hui disloqué : la fratrie Wade et Maryanne.  Puis, il y a Michael le petit ami, survivant de la Seconde Guerre Mondiale, qui mène depuis la disparition son propre combat.


Un roman noir avec en toile de fond une histoire d’amour d’une grande pureté. Un roman trouble saupoudré du folklore vaudou de la Nouvelle-Orléans où s’entremêlent traumatisme de la guerre et profanation de cadavre.


Ellory personnifie la guerre et la modèle en personnage central de son roman. A travers John Gaines et Michael, il illustre la capacité de la guerre à ronger, posséder l’âme des hommes. Son pouvoir de destruction. Ceux qui en reviennent au prix de cauchemars à perpétuité comme Gaines. Ou ceux dont il ne reste que des coquilles vides, enveloppes charnelles hantées d’esprits perdus comme Michael.

J’ai beaucoup aimé ces deux hommes. Le shérif est un homme au tempérament protecteur, animé d’une soif de vérité et de justice. Michael, usé et tourmenté par un profond désespoir, est des plus attachants malgré sa folie effroyable.

Accumulation de cadavres, faux pas, pouvoir et KKK, le shérif Gaines se jette à corps perdu dans les neuf cercles de l’enfer pour Nancy. Dans un doute perpétuel et sous la moiteur des états du sud américain, Les neuf cercles pose une question fondamentale : la loi est-elle la meilleure solution pour rendre justice aux victimes ?


Extrait

“Le pire, c’est que celui qui lui réglera son compte prendra sans doute perpète, alors qu’en toute honnêteté il devrait recevoir une médaille et une pension pour le restant de ses jours.”

Paru aux éditions Sonatine, mon exemplaire est un Livre de Poche.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :