La Trilogie Berlinoise de Philip Kerr aux éditions Le Livre de Poche

Bernie, ex de la police Berlinoise, s’est recyclé en détective privé. Et on ne va pas se mentir, sa profession sous le IIIème Reich, va tout faire, sauf lui faciliter la vie. Best-Seller, La Trilogie Berlinoise est un roman policier emprunt d’Histoire aux éditions Le Livre de Poche.

Honnêtement, je crois que j’ai un faible pour les pavés. Ces 1000 pages ont attendues sagement dans ma PAL pendant plusieurs mois et je savais, j’avais l’intuition, ma boussole de lectrice qui me disait que ça allait être un très bon moment de lecture. Et vous savez quoi ? J’avais raison ! 🙂

Comme son nom l’indique, La Trilogie Berlinoise se compose de 3 romans de Philip Kerr : L’été de Cristal, La Pâle Figure et Un Requiem Allemand. Soit 3 romans, 3 périodes de l’Histoire autour de la Seconde Guerre Mondiale – avant, pendant, après – 3 enquêtes différentes pour Bernie.

Un gros point fort à mon sens car pour les romans de ce format là, il m’arrive en tant que lectrice d’avoir des passages de « décrochages ». Ici, ça n’est pas du tout le cas. Les différentes enquêtes sont simples sans être extraordinaires, ce sont les changements de contexte qui apporte un vrai plus et un rythme qui ne faiblit pas.

Au fil de ses enquêtes notre détective évolue, en même temps que son pays qui s’enfonce dans la haine et la guerre, et se retrouve confronté à des affaires de plus en plus épineuses : au départ une banale recherche sur la mort de la fille d’un magnat de l’industrie, puis la traque de l’assassin de jeunes adolescentes allemandes, jusqu’à l’après-guerre à la  poursuite de preuves afin d’innocenter un ancien collègue accusé de meurtre sur américain.

Je me rends compte que je suis une hôte mal élevée, je vous parle de cet homme, Bernie, sans avoir fait les présentations ! Alors voilà, les lecteurs, je vous présente Bernie, ex commissaire de police reconverti en détective privé, personnage central de La Trilogie Berlinoise :

le A N T I H E R O S dans toute sa splendeur. Ce mec est une grande gueule, maline de surcroît, cynique – le genre « vieux » (j’émets une réserve sur ce descriptif) briscard, animé d’une volonté viscérale de justice, au delà des idéologies du IIIème Reich.

Bref, un personnage principal intéressant et qui devient par la force des choses attachant, et dont la position dans les institutions politiques et judiciaires de Berlin amène un vrai point de vue de l’intérieur même de ce système qui n’inspire que du mépris et de l’horreur.

Un roman policier mais aussi un roman historique très bien dosé qui m’a complètement immergée dans les rues de Berlin : l’auteur utilise de vrais noms de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale comme personnages secondaires, en contact direct avec notre Deutsch-Sherlock : Himmler, Heydrich … Philip Kerr nous positionne également au cœur de faits historiques : la nuit de cristal notamment ainsi qu’un passage dans les baraquements des camps de la Mort. J’ai véritablement ressenti le poids de l’atmosphère de Berlin à cette époque pour le peuple allemand, juif ou pas.

La Trilogie Berlinoise est un roman policier/historique très habile, bien documenté, qui met en lumière le martyr du peuple allemand et souligne que si pour certains, l’adhésion au nazisme fut l’occasion d’user de la violence en toute impunité, pour un grand nombre, ce n’était qu’une question de survie.

(…)Car privé du moindre de ses droits, l’homme redevient une bête. Les affamés chapardent la nourriture d’autres affamés. La survie devient l’objectif de chacun, et cette préoccupation prime, et même occulte l’expérience vécue. Détruire l’esprit humain par le travail forcé était le but de Dachau, la mort n’étant que la conséquence non recherchée de cet esclavage. La survie passait par l’acceptation d’un surcroît de souffrance pour les autres : tant qu’un autre détenu se faisait battre ou lyncher, vous étiez sauf. Si l’occupant du grabat voisin mourait dans son sommeil, vous pouviez manger sa ration pendant quelques jours.

 

 

4 Replies to “La Trilogie Berlinoise de Philip Kerr aux éditions Le Livre de Poche”

  1. Cette série de Philip Kerr fait partie de mes plus gros coups de coeur. Je l’ai commencé il y a quelques années et depuis, j’attends de pied ferme chaque nouveau tome et je me régale à chaque fois. J’aime beaucoup le personnage principal mais surtout le mélange entre réalité et fiction que l’auteur nous propose.

    1. Je pense que je lirai également les autres au fur & à mesure. Comme la série est assez longue, ça risque de prendre un peu de temps quand même 🙂

  2. J’ai lu Hôtel Adlon, mettant en scène Bernie, et j’ai beaucoup apprécié. Je m’étais noté La trilogie berlinoise, mais comme c’est un sacré morceau j’ai dû mal à lui trouver une place entre deux lectures ^^

    1. Alors pour ma part, je l’ai lu d’une traite mais il n’y a pas Cliffhanger insoutenable entre chacun des tomes. Je pense que tu peux facilement te lancer en intercalant d’autres lectures entre 🙂

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