La conjuration des imbéciles . John Kennedy Toole

 » On ne peut pas lire ce livre, l’un des plus drôles de l’histoire littéraire américaine, sans pleurer intérieurement tous ceux que Toole n’a pas écrits. » Les Inrockuptibles

Ce roman est un classique de la littérature américaine, son auteur, John Kennedy Toole, ayant reçu après sa mort le prestigieux prix Pulitzer. L’ensemble des avis sur La conjuration des imbéciles étant plutôt positif, il était temps pour moi de sortir cette édition 10/18 de ma Pile à Lire.

Zoom sur mon ressenti, qui hélas, est loin de rejoindre la majorité puisque j’ai terriblement peiné à atteindre les 155 pages et j’ai finis malheureusement par jeter l’éponge.


« A trente ans passés, Ignatius vit encore cloîtré chez sa mère, à la Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre. »

Nouvelle-Orléans,  à la rencontre d’Ignatius, un « Tanguy » des années 60 et de sa maman arthritique. Quelques pages suffisent pour comprendre que notre « héro » n’en n’est pas un : il est d’une condescendance sans nom, anti-système et sans aucun second degré.

La matriarche nous apparaît comme déconnecté de la réalité, un peu usée, dépassée par ce fils nombriliste au possible. La réaction de ce dernier quand elle le contraint de trouver un travail est digne d’un prince à qui on aurait proposé d’aller récurer les toilettes avec sa langue

En parallèle, nous suivons d’autres personnages, de bons gros clichés de la société des années 60 : la mère « macrelle », le « black de service »,  « l’entraîneuse » qui rêve de paillettes, le patron désintéressé… Un peu moins présents mais indéniablement liés à notre Jules César et sa mère. Probablement ont-ils leur intérêt au fil du roman, mais j’ai abandonné avant d’entra’percevoir où ça pouvait bien nous mener.

Je ne suis pas fan des romans aux dialogues à rallonge, ici, ils sont très présents. A certains moments, j’ai presque eu la sensation de mettre mise à une pièce de théâtre. J’admets cependant que ces échanges sont bien construits et qu’ils vont droit au but : c’est toujours ça de gagner, ça évite d’alourdir encore le roman.

Je n’ai rien à redire sur le style d’écriture, la plume de l’auteur est de qualité, quoi qu’un peu vieillotte à mon goût,  avec des chapitres plus ou moins longs pour rythmer tout ça. Mais le texte est très découpé par certains passages qui correspondent « aux écrits » d’Ignatius : si son écriture avait été moins pédante que son comportement, j’aurai pu forcer un peu, hélas, c’est tout aussi lourdingue.


Enfin, vous l’aurez compris, La conjuration des imbéciles n’a pas été une partie de plaisir pour moi.

Je n’ai pas eu l’occasion de rire. Le parti prit de l’auteur d’axer son roman autour d’un personnage sociopathe et détestable au plus haut point ne m’a pas du tout séduite (c’est pas faute d’avoir lu d’autres livres où le principal est un serial killer abominable). L’accumulation des clichés et l’absence d’un fil conducteur palpable ont été la cerise sur le gâteau.

Bref, le début de La conjuration des imbéciles fut un moment de lecture très pénible et ceux qui l’ont lu et su l’apprécié ont tout mon respect.

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