La vérité sur l’affaire Harry Québert. Joël Dicker

Une histoire d’amour, le syndrome de la page blanche et un meurtre vieux de 33 ans : bienvenue au cœur d’un sacré sac de nœuds.

Bon comme quoi je suis pas vraiment à la page, en tout cas, je n’y étais pas car avant de débouler sur le forum Livraddict je n’avais tout simplement pas entendu parler de ce livre… J’ai lu ce roman adulé, célébré, best-sellerisé pour le challenge ABC Thriller/Policier et en lecture commune avec Pinklychee. Bah oui, + 800 pages, il faut se donner du courage 🙂

Marcus, n’a plus écrit une ligne depuis trop longtemps, la dead line de son éditeur se rapproche dangereusement et il n’a rien à lui mettre sous la dent. Son ami et mentor, Harry Québert, auteur d’un des meilleurs romans de dernières décennies,  va essayer de lui apporter son aide. Mais les rôles vont s’inverser quand Harry va être accusé d’avoir assassiner une jeune fille de 15 ans en 1975 et  son « élève » va se mettre en quête de découvrir la vérité. Et le lecteur est aspiré dans cette spirale infernale …

Le roman se découpe en trois parties : une première assez longue où toute la complexité de l’intrigue se met en place et une deuxième, puis troisième partie où les éléments pour dénouer tout ce merdi**, car s’en est un, arrivent au compte-gouttes puis de plus en plus rapidement jusqu’aux dernières pages.

 » C’était long, mais c’était bon «  voilà qui résume bien ma lecture de La vérité sur l’affaire Harry Québert aux éditions De Fallois. Pourquoi ?

Comme je radote, je répète que l’intrigue est plutôt complexe, un beau sac de nœuds, comme un petit serpent enroulé sur lui même, vous visualisez ? Et moi ça me plait bien.

Complexe, mais très intelligemment mise en place : la structure de ce récit, sa construction est très particulière et surtout particulièrement intéressante. Ajoutez un style d’écriture très fluide et ça vous donne un véritable page-turner, voilà ce qui nous permet d’affronter avec enthousiasme les 847 pages de ce roman.

L’auteur nous présente  une multitude de personnages, tous ayant chacun une personnalité bien distincte, tous pouvant servir de potentiel coupable ou complice. Marcus doit s’immiscer dans cette petite communauté fermée pour débusquer toutes les preuves possibles pour innocenter Harry, ou le clouer au pilori.

A mon sens, ce roman mérite bien tous les éloges dont il est le sujet. Mais, oui il y a un mais, certaines choses m’ont quand même un peu chiffonnée :

  • La niaiserie intersidérale de certains personnages à différents moments du récit. Ça m’a vraiment empêché de m’attacher ne serait-ce qu’un petit peu aux personnages
  • Une avancée de l’enquête parfois trop facile à mon goût : sérieusement, Marcus est un écrivain, il endosse sa cape d’enquêteur, il pose ses petites questions et tout le monde lui répond la bouche en cœur ??
  • Beaucoup, beaucoup trop long et trop de pistes tue la piste. A la fin, j’en avais un peu marre, j’avais surtout envie que ça se termine enfin.

Enfin, rendons à César ce qui est à César, le travail de l’auteur est colossale et il aborde de nombreux thèmes à travers ses lignes : la société américaine et ses petites communautés rurales, le monde impitoyable de l’édition et du marketing, le don de soi d’un auteur à ses lecteurs et l’inspiration.

A travers ce gigantesque « quiproquo », il rend aussi hommage à l’amour, son innocence, sa pureté et le poids des préjugés : pauvres lecteurs nous nous faisons joyeusement manipuler et d’une page à l’autre on se dit « le gros dégueulasse » ou  « la petite garce »…

Je regrette d’être resté froide spectatrice et je pense que l’intrigue aurait eu plus de percutant avec une centaine de pages en moins. Quoiqu’il en soit, La vérité sur l’affaire Harry Québert fut un bon moment de lecture et j’aurais plaisir à lire à nouveau l’auteur.

11 commentaires sur « La vérité sur l’affaire Harry Québert. Joël Dicker »

  1. Très bel article. Je partage ton avis sur beaucoup de point concernant ce roman! J’hésite vraiment à lire la suite. J’ai peur de ne plus apprécié autant les principaux protagonistes et de ne pas réussir à m’embarquer dans l’intrigue qui risque d’être plate comparé à celui-ci.

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  2. J’ai beaucoup aimé ce roman et j’ai pensé la même chose sur certains personnages stéréotypés : la mère du narrateur entre autres !
    Je me suis, tout de même, bien fait mener en bateau avec toutes les fausses pistes,…

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  3. Très joli article ! Pour ma part, je n’ai pas autant ressenti le « sac de nœuds ». En vérité, j’étais été absorbée par ma lecture, parfois (presque) incapable d’y trouver quelque chose à redire – OK, les personnages m’ont un peu agacée parfois aussi.
    La déception, je l’ai plutôt connue avec la suite et le Livre des Baltimore, qui n’a en fait plus grand chose à voir.

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  4. Le Syndrome de la page blanche romancé, déjà rien que ça j’me suis dit « ça doit être intéressant à voir pour un auteur en quête de se diversifier »… et bien cette chronique m’a donné encore plus envie 🙂 Merci Jessica !

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  5. Je l’ai aussi chroniqué il y a quelques temps, je rejoins ton ressenti 🙂 Il est efficace, il se lit bien, et l’idée est bonne, mais pour moi il ne maîtrise pas vraiment l’écriture de polar et on sent les GROSSES ficelles qu’il essaie de tirer subtilement (entre les gens qui se confient immédiatement et les tentatives de brouiller les pistes un peu maladroites).

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  6. Je rejoins ton commentaire, dans le positif comme dans le négatif. J’ai été particulièrement agacé par un rebondissement très peu crédible concernant la jeune fille. Dans l’ensemble cela reste une lecture bien sympathique, mais méritait-il vraiment les deux prix prestigieux qu’il a reçus?

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    1. L’auteur a fournit un texte issu d’un travail titanesque pour construire son intrigue et ce genre de roman s’adresse à l’ensemble du « commun des mortels ». En plus Joël Dicker n’a pas une bibliographie à rallonge, La vérité sur l’affaire Harry Québert n’est que sa deuxième publication, c’est une performance. Donc je suppose que ces prix sont mérité et un encouragement pour sa carrière 🙂

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      1. Oui, enfin « travail titanesque », ça me semble un peu généreux quand même 😉 Mais c’est vrai que pour un deuxième roman, et à un âge aussi jeune, le résultat est encourageant.

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