De l’eau pour les éléphants . Sara Gruen

Jacob a quatre-vingt dix ans. Ou peut-être quatre-vingt treize. A son age, Jacob n’est plus très sûr. Mais il se souvient des années 30 et de son arrivée au sein du cirque des frères Benzini, « le plus grand spectacle du monde » qui sillonne les Etats-Unis en pleine prohibition.

De l’eau pour les Éléphants aux éditions Albin Michel nous emmène dans les souvenirs de jeunesse d’un papi ronchon. Jacob nonagénaire, vit dans une maison de retraite où la vie est bien monotone, réglée comme du papier à musique : soins et médicaments avec l’assistance du personnel médical, petits pas avec le déambulateur, réunion de résidents dans le hall et cantine infecte. Seul le dimanche, jour des visites, apporte un peu d’animation. Jusqu’au jour où un cirque vient s’installer juste à côté. Cet événement met la maison de retraite en ébullition et Jacob se replonge dans ses souvenirs.

Nous suivons deux Jacob en parallèle, celui des années 30 tout jeune orphelin et celui qui est devenu arrière-grand-père d’une famille nombreuse. J’ai trouvé les deux parties traitées différemment de façon très pertinente avec un Jacob nonagénaire dont les ressentis et sentiments sont très développés et un Jacob jeune où l’accent est mit sur son vécu. Ces deux personnages du passé et du présent s’intercalent tout au long du roman, ce qui apporte un rythme assez intéressant.

Le départ est un peu long à se mettre en place (jusqu’à la centaine de pages) avec beaucoup de dialogues (heureusement pour moi, ça se calme après) et une absence de fil conducteur palpable pour le lecteur.

Je sais, je rabâche avec mon « trop de dialogue » mais c’est vrai que j’aime assez qu’on aille à l’essentiel et qu’on se passe d’échanges sans saveur….

Bref, nous embarquons avec lui dans le train qui conduit le cirque des Frères Benzini d’état en état au cœur continent nord américain. Comme lui, nous prenons nos marques dans cette sphère particulière faite de représentations perpétuelles et de paillettes : paillettes qui, nous allons rapidement le comprendre, ne brillent pas tant que ça.

Voilà le tableau, peu réjouissant, que nous dépeint De l’eau pour les éléphants : les animaux et les hommes sont traités comme s’ils n’étaient que de vulgaires meubles. Et c’est un euphémisme… L’histoire de Jacob, et de l’ensemble des employés du cirque, démontre qu’il est difficile de survivre dans ce milieu impitoyable où les « grands » n’hésitent pas à marcher sur les « petits » pour leur propre bénéfice. La triste conclusion est que l’univers du cirque à l’époque de la grande dépression est un monde à part entière fait de violence et de jeux de pouvoir.

Mais voilà, la beauté de ce livre : même dans un contexte désespéré, une petite poignée d’individus se bat pour ses valeurs. De l’eau pour les éléphants est une extraordinaire histoire d’amitié, de passion et de solidarité. Surement même plus qu’une histoire d’amour à mon sens.

Ce roman mêle tous les ingrédients que j’attends : un thème documenté, une foule de sentiments intenses et différents, des personnages forts et une fin un peu surprenante. Ces éléments liés par une écriture rythmée et très fluide, c’est une recette qui marche même s’il me manque un tout petit quelque chose pour que ça soit un coup de cœur.

 » Tout n’est qu’illusion, Jacob, et c’est très bien ainsi. c’est ce qu’on nous demande, ce qu’on attend de nous. »

Son adaptation cinématographique 

Un casting exceptionnel avec Reese Witherspoon (La revanche d’une blonde, Walk the line), Robert Pattinson (Twilight, Remember me) et Christoph Waltz (Inglorious Basterds, Django unchained).

Je l’ai regardé après avoir lu le roman, dans la semaine qui a suivit pour que tout soit encore bien frais dans mon esprit. Je trouve qu’il est assez fidèle au roman et très bien adapté. Quelques changements mineurs mais qui à mon sens ne dénature pas l’oeuvre originale. J’ai retrouvé dans le film les petites choses qui m’ont manqué dans le livre ou justement je n’ai pas retrouvé les petites choses qui m’ont agacé dans le livre =)

Enfin, à mon sens c’est une réussite : le film et le livre se complètent parfaitement, j’ai passé un très bon moment avec les deux et je vous invite à les découvrir.

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3 commentaires sur « De l’eau pour les éléphants . Sara Gruen »

  1. J’ai vu le film avoir de lire le livre quelques années plus tard et j’ai vraiment beaucoup plus accroché sur le livre. Une très belle histoire qui m’a accrochée jusqu’au bout. comme toi j’ai eu un peu de mal avec le début, mais ça passe vite ! 😉

    Aimé par 1 personne

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