Comme ton ombre . Elizabeth Haynes

« Imaginez qu’avant de rentrer chez vous, vous soyez obligé de faire le tour du bâtiment pour vérifier que tout est normal. Imaginez qu’une fois dans le hall de l’immeuble vous deviez vérifier six fois que la porte est bien fermée.Un, deux, trois, quatre, cinq, six (….) Imaginez que, arrivé chez vous, vous tourniez la poignée de la porte six fois dans un sens, six fois dans l’autre pour vous assurer d’être en sécurité(…) »

Soit un résumé très accrocheur et plein de promesses : malgré une PAL déjà bien remplie après mes dernières petites emplettes, ce livre est passé directement sur le haut de la pile. Comme ton ombre aux éditions France Loisirs fait partie des titres que j’ai retenu pour le challenge ABC Thriller/Policier .

Malheureusement dès les premières pages, j’ai senti que la déception serait sûrement au rendez-vous… Je remets les choses à plat :

J’ai trouvé l’écriture un peu simpliste ponctuée de dialogues trop nombreux avec des échanges entre les personnages plutôt fades. Les TOC de Cathy sont rapidement mis sur le tapis, j’en attendais pas moins, mais le récit n’est pas enrichi d’informations un peu plus poussées sur ce trouble : un petit topo médical revisité pour le commun des mortels n’aurait pas été de trop.

Les mots d’Elizabeth Haynes ne m’ont pas fait ressentir le poids de la paranoïa décrite sur la 4 ème de couverture au contraire j’ai presque eu l’impression, dans les premiers chapitres,  d’une lubie de son héroïne, c’est dur ! Sérieusement, en moins de 100 pages, elle va à l’encontre de sa frayeur et de son organisation militaire de vérification pour un motif futile : un sachet de thé !

Néanmoins, c’est un livre qui se lit facilement et que l’auteure a construit en installant une alternance entre le passé et le présent pour souligner le changement de perception et de comportement de Cathy qui passe d’un extrême à l’autre :

  • 3 ans plus tôt c’est une insouciante qui sort beaucoup, picole et couche sans état âme
  • 3 ans après, c’est une jeune femme bouffée par l’anxiété et la paranoïa qui souffre de tocs de vérification

Ce changement temporel aide à la mise en place l’intrigue : l’extravertie Cathy du passé va faire la rencontre d’un beau gosse ténébreux, sexy et attentionné. La suite est assez prévisible ….

Globalement, cette partie est plutôt décevante et l’intrigue manque cruellement de palpitant à mon goût. Il faut attendre de franchir le cap des 200 pages pour qu’un petite montée en tension montre le bout de son nez et que le mécanisme de l’emprise psychologique s’introduise dans le récit.

A partir de ce moment, le rythme est un peu plus dynamique, les précisions sur le traumatisme et les maux de Cathy arrivent enfin au compte-gouttes. Le roman prend réellement une dimension psychologique mais à mon goût, toujours rien d’extraordinaire, ni d’imprévisible jusqu’à la fin.

Vis à vis des personnages principaux, je n’ai ressenti aucun attachement, ni empathie. Le « méchant » de l’histoire aurait pu tirer son épingle du jeu mais non, il est le stéréotype même du pervers narcissique…

Ce roman à quand même certains points forts qui méritent d’être soulevés :

  • Le sujet traité : le harcèlement et les troubles psychologiques qui en découlent
  • Certaines descriptions que l’auteure utilise pour illustrer sans doute possible l’horreur vécue par la victime
  • Le rythme entre le passé / le présent qui est, incontestablement, la force du récit

Comme ton ombre est une petite déception pour moi. Il est loin d’être mauvais, c’est tout simplement un style d’écriture qui ne me correspond pas.

Je vous invite tout de même à le découvrir pour vous faire votre propre opinion.

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5 commentaires sur « Comme ton ombre . Elizabeth Haynes »

  1. Ah les goûts et les couleurs… Au moins tu as essayé de rester relative dans ta chronique, en relevant tout de même les points forts même si ils sont moins développés (et encore). J’apprécie ton style de chronique moi au moins en tous les cas, tu ne descends pas le roman en remettant les choses à leur place, avec ton opinion personnelle.
    Belle honnêteté, c’est à noter! 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Effectivement c’est plus facile d’argumenter sur une lecture qu’on a apprécié, rester objectif quand on aime moins est un exercice bien différent mais c’est tout l’intérêt de « chroniquer » je trouve. Après je n’enfoncerai jamais le travail d’un auteur, ce n’est pas donné à tout le monde d’écrire et comme tu dis, « les goûts et les couleurs…  » 🙂 Merci beaucoup de ton passage, je suis ravie que tu apprécie mes chroniques. Au plaisir.

      Aimé par 1 personne

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