Le vent à gorge noire . Stav Sherez

Leur diplôme en poche, Jack, Ben & David, amis de toujours, s’offrent une aventure lointaine. Pour ne pas faire comme les autres, ce sera l’Ouganda. Un pays dont ils ne savent rien, pas même les dangers. Un voyage dont ils ne reviendront pas tous …

Des années plus tard, Jack est devenu une légende au sein de la police Londonienne. Il se voit chargé d’une enquête épineuse : le meurtre sauvage de Grace Okello, jeune étudiante d’origine ougandaise.

S’agit-il d’une vulgaire crime crapuleux, ou bien ce meurtre est lié aux découvertes de l’étudiante sur les groupes rebelles qui se disputent son pays ?

Le vent à gorge noire a été en lice pour le Prix des lecteurs 2016 des éditions Le Livre de Poche, il a traîné quelque temps dans ma WL avant que je mette la main dessus. Un bon policier, rien de tel pour conclure l’année !

Stav Sherez utilise les codes du polar  et dès les premières pages, nous plonge dans  une atmosphère pesante et angoissante ; il tisse la toile de son intrigue sur fond de vérité et l’enquête se construit en s’accordant aux personnages principaux dans l’envers du décor de la capitale anglaise, bien moins accueillante que sur les cartes postales.

Ses personnages de première ligne, Jack & Geneva, sont dépeints comme des « gueules cassées » par la vie. Lui comme le flic marginal et taciturne, elle comme  l’enquêtrice rebelle et acharnée.

J’ai beaucoup aimé son style d’écriture fluide, le choix pertinent de ses mots. Il décrit avec précision les sensations physiques ressentis par les personnages ; en tant que lectrice, je me suis senti partie intégrante de l’histoire.

J’apprécie également qu’un auteur  documente son récit avec pertinence.

Il évoque, et dénonce, l’embrigadement des enfants – soldats par l’opposition politique en Ouganda, le traumatisme et la transformation irréversible qu’ils subissent. Il aborde également  les incohérences dans la gestion des conflits par la communauté internationale et le droit à l’anonymat accordé à certains criminels de guerre.

Au delà de la recherche du meurtrier de Grace, Stav Sherez nous renseigne sur l’Histoire politique  de l’Ouganda , ce pays de l’Afrique de l’est où a eu lieu selon l’ONU, entre la fin des années 90 et milieu des années 2000, « la crise humanitaire la plus négligée du monde ».

Avec Le vent à gorge noire, j’ai découvert une enquête qui m’a beaucoup plu, où le suspense a tenu jusqu’à la fin, et un auteur qui a su me renseigner sur un thème difficile, peu exploité sans alourdir son texte.

A voir si ce roman policier restera un « one-shot » ou si Stav Sherez envisage de travailler à la création d’un duo d’enquêteurs anglais ….

Les mots de la fin :

 » Ecrire est une activité très dangereuse « 

 » Si nous pouvions lire ce qu’il y a au fond de notre âme, nous prendrions nos jambes à notre cou, horrifiés »

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